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1. Un humanisme universel et méconnu mais toujours vivant.

Notre objectif est de fonder notre projet sur l’humanisme philosophique, afin de recréer du lien entre les personnes de tous horizons qui acceptent de respecter un socle de valeurs universelles : elles remontent aux racines de différentes civilisations qui ont produit au fil de l’histoire de grands scientifiques, philosophes, écrivains, politiques ou musiciens. Mais ces valeurs sont à mettre en évidence pour une population qui les a progressivement perdues.  L’humanisme reconnaît à chacun la prérogative de participer à la citoyenneté, sur base de droits et de devoirs élaborés au fil de l’histoire : ceux-ci permettent aux populations de se constituer en société, quelle que soit leur philosophie ou leur religion. Cet humanisme confère à l’être humain la capacité de construire sa réflexion critique.  Il peut alors prendre en main sa destinée et donner du sens à ses actes en visant l’intérêt commun de l’humanité.

2. Comment définir l’Humanisme ?

L’humanisme philosophique est  une attitude à l’égard du monde.  Trois idées majeures fondent cet humanisme : l’émancipation et l’autonomie ; la finalité humaine de nos actes ; l’universalité.

L’émancipation et l’autonomie supposent  la liberté de réfléchir, de douter et de critiquer, en s’appuyant sur la raison et l’expérience, favorisées par l’éducation.  Cette liberté s’ouvre sur la liberté de conscience, permettant la croyance en une religion ou non ; en découlent la liberté d’opinion et d’expression.

Ces libertés sont le fondement de la démocratie.  L’Etat doit préserver les droits inaliénables des êtres humains, ainsi que la réciprocité des droits et devoirs.  Ces droits sont universels et proclament l’égalité de tous quelles que soient les convictions.  La démocratie suppose la séparation du spirituel et du temporel.  Au plan juridique, la loi civile prime sur les prescrits religieux.  L’Etat garantit les droits qui relèvent de la sphère privée dont chacun dispose, sans empiéter sur la liberté des autres.

La pensée humaniste est universelle et s’est manifestée par un ensemble de prises de conscience fondées sur la reconnaissance de la pluralité : le libre esprit critique ouvre à la capacité d’intégrer les différences et d’agir de manière solidaire. Ceci permet de rechercher la vérité, contre l’ignorance en tant que terreau de l’obscurantisme, de l’incivisme et du fanatisme.

3. La mise sur pied de la Maison de l'Humanisme

La Maison de l’Humanisme proposera la mise à disposition d’un lieu d’accueil et d’outils pour les enseignants et leurs élèves, afin que ceux-ci aient accès à la compréhension des valeurs humanistes, de la manière dont elles se sont historiquement formées et exercent encore une influence, à l’initiative de qui et pourquoi. La Maison de l’Humanisme doit donner une place à ces références culturelles, plutôt que de supposer que les jeunes savent dans quelle histoire ils s’inscrivent.  Elle sera un lieu de transmission de valeurs.  Ce lieu accueillera les écoles, afin de servir de ressources aux enseignants pour développer la fierté de leurs élèves à l’égard d’un aspect souvent méconnu de leur culture et leur permettre de se réapproprier d’autres valeurs que celles de l’extrémisme et de l’intolérance. Pour les enseignants, la Maison de l’Humanisme constituera ainsi un support pour les cours d'histoire, de français, de philosophie et citoyenneté, de religion.  Elle peut également s'inscrire dans le cadre de la réflexion menée par les enseignants eux-mêmes.

La Maison de l’Humanisme se donne pour objectif d’éveiller les consciences à un humanisme constituant le bien commun de tous les démocrates opposés à la violence et à la répression. Un lieu où faire passer les valeurs philosophiques considérées généralement comme européennes en démontrant qu’elles ont aussi leurs lettres de noblesse dans d’autres civilisations ; un lieu où l’on montre sur quelles valeurs on peut se rencontrer tout en ayant des mémoires différentes et parfois conflictuelles - par exemple la question du colonialisme ou de l’esclavagisme ; un lieu où chacun peut bénéficier de l’acquisition de la raison critique afin de retisser du lien social et transmettre la volonté d’assumer un destin commun.

 

 

 

« La liberté de pensée est la seule garantie d’une approche démocratique de la politique, de l’économie et de la culture. »

Andreï Sakharov (1921-1989), 1968